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Mycalus Angelus Virtudes, champs de bataille et chants d'amour : "La dernière bataille"
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Fil de discussion: Mycalus Angelus Virtudes, champs de bataille et chants d'amour : "La dernière bataille" (Lu 571 fois)
Mycalus
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Mycalus Angelus Virtudes, champs de bataille et chants d'amour : "La dernière bataille"
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12 Septembre 2007 - 17:24:29 »
C'est une ère que les écrits ne parlent pas, un temps perdu dans les âges…
Bien après le cataclysme de l’Atlantide qui raya le continent de la carte du monde connu, il existe une époque que peu connaissent, une ère qui semble disparue ou que les maitres à penser ne veulent pas se souvenir. C’est l’époque des grandes barbaries, des guerres sanglantes, c’était l’époque où les dieux châtient et punissent les infidèles. Seuls quelques uns arrivent à survivre dans ce monde où règnent la décadence, les démons, et la sorcellerie noire. C’était l’époque de Conan le cimmérien, Conan le voleur, Conan le pirate, Conan le conquérant et enfin Conan le roi. Mais ces écrits vont conter non pas l’histoire de ce héros légendaire fort connu.
Laissez-moi vous conter les jours de la grande aventure…
An 52 AA
- Commandant !
L’officier terminait de sangler son linothorax lorsque son jeune second qui venait d’arriver le héla. Il sortit de sa tente de campagne tout en ajustant son ceinturon en cuir.
- Qu’y a-t-il Rominus ?
- Commandant, un de nos éclaireurs nous rapporte qu’une petite armée picte a été vue au nord dans le village de Kellios près de la frontière à une lieue d’ici et qu’elle semble approcher.
Le commandant Mycalus Angelus Virtudes venait d’avoir ses quarante ans et il aspirait à prendre sa retraite aux côtés de sa femme, Ludivia, une belle aquilonienne de classe moyenne, et de leur fille Léna, une adorable petite de six ans. Cela faisait plus d’un an qu’il ne les avait pas vues et son seul désir était de les retrouver. Il avait été affecté au fort Tuscelan près de la frontière picte depuis peu et il avait pour ordre d’arrêter les barbares avant que ceux-ci ne pénètrent en aquilonie. L’ordre avait été donné par Loriès, le prince d’aquilonie et le fils du bon roi Numedides III. Loriès, au grand dam de Mycalus était amoureux de la belle Ludivia et le commandant Virtudes était certain qu’il l’avait envoyé là-bas pour être plus proche de sa femme. Mais Mycalus n’avait pas eu le choix. Les ordres étaient les ordres.
De haute taille et de belle musculature, les cheveux noirs comme le charbon et la barbe légère, son visage reflétait la confiance et le respect de tous ses subordonnés. Il avait gravi les échelons à la force de son bras et de l’acier et son intelligence au combat et ses mérites sur le champ de bataille avaient plus d’une fois attirés l’œil du grand conseil de Tarantia.
- Combien de pictes ?
- Entre deux mille cinq cents et trois mille.
- Bien, dit-il en scindant son ceinturon où pendait son fourreau. Fais préparer les hommes, les chevaux et les catapultes.
- Et les archers ?
- Pas d’archers.
- Mais, sauf votre respect, commandant, cela ne nous fait que dix centus de soldats à pieds et cinq centus de cavaliers. Nous sommes en infériorité numérique. Les centus étaient des groupes de cent soldats commandés par un centuro de rang d’officier, et les decus des groupes de dix soldats dirigés par un decuro, un sous-officier.
- Cela suffira. Ne t’inquiète pas les pictes ne sont que des fermiers et des bucherons. Les catapultes, sur cette colline là-bas. Il désigna un promontoire à deux cents mètres de leur position.
- Je crains que cela ne soit trop court, commandant.
- Les catapultes sont à bonne distance, crois moi Rominus. Il lui fit un sourire qui fit comprendre au jeune officier que le commandant savait ce qu’il faisait.
- A vos ordres. Le jeune officier salua son supérieur, en claquant le poing contre le cœur.
Le commandant Angelus Virtudes en fit de même et posa sa main sur l’épaule de son second qu’il appréciait grandement et ajouta.
- Le courage pour l’honneur.
- Le courage pour l’honneur, répondit-il.
C’était la devise de l’armée aquilonienne qui perdurait depuis des décennies. C’était à la fois un signe de ralliement et moyen d’identification.
Mycalus rangea son glaive au fourreau, mit son casque corinthien à crête de crins de cheval, ajusta son hoplon avec pour effigie un phénix et prit son javelot auquel il avait accroché un ruban rouge et blanc. Il mit aussi sa corne de brume en bandoulière. A en croire son accoutrement, celui-ci allait se battre aux côtés de ses hommes. C’était la force de son armée : savoir que son chef ne restait pas en arrière pour superviser la bataille redoublait le courage des soldats.
Une demi-heure plus tard, l’armée était prête à partir. Les mille soldats d’infanterie étaient en ligne de front par decus, le glaive ou la lance au poing et le bouclier en avant.
Le commandant Virtudes avait fait poster deux cents cavaliers à une demi-lieue aux flancs est et ouest de l’infanterie ainsi qu’un centus qu’il avait fait contourner loin en direction du nord, et les catapultes derrière la ligne d’infanterie.
Ils allaient se battre en terrain découvert sur une plaine fertile parsemée par ici et là de rochers en schiste, cela semblait dangereux mais il était confiant de sa manoeuvre. Le commandant admirait la scène du haut de son pur sang corinthien. Il caressa le museau d’Arius, lui murmura quelque chose à l’oreille. Il mit pied-à-terre et ordonna à l’un de ses soldats d’emmener son cheval loin de la bataille.
Il mit un genou à terre et pria Mitra de le laisser vivre jusqu’à l’issue de cette bataille. Mycalus sortit de sa besace la mèche de cheveux que son épouse lui avait laissée en signe de porteur de chance et l’embrassa. Cela lui donnait du courage et de l’espoir.
Il rejoignit ses hommes sur le champ de bataille et se rangea au centre, ainsi il était traité et traitait ses hommes d’égal à égal sur le champ de bataille.
Au loin, on pouvait entendre les cris de guerre des pictes, des cris de victoire. Ces cris étaient effrayants et le grand nombre de barbares pictes amplifiait le son qui répercutait à des lieues à la ronde. Le chef picte, un géant qui n’avait comme vêtement qu’un manteau en peau d’ours et un pagne hurla quelque chose dans leur langue. Mycalus se tourna face à ses hommes. Il se devait de leur remonter le moral. En effet il pouvait ressentir l’appréhension dans les yeux de ses soldats car à plus de deux contre un, la bataille allait être rude.
- Aquiloniens ! Ce jour est un grand jour : un jour rouge pour les pictes ! Regardez ces pictes, ce ne sont que des bêtes dépourvues de toute organisation ! Aujourd’hui est un jour de gloire pour l’aquilonie et notre bon roi Valerius ! Soyez digne de votre bannière ! Montrez aux pictes qu’ils ne sont que des fermiers et qu’ils doivent retourner moissonner leurs champs ! Montrez-leur votre courage et votre force ! Montrez-leur que les fils d’aquilonie sont de fougueux combattants ! Un seul d’entre vous vaut dix pictes ! Aujourd’hui, vous tous reviendrez chez vous et vos fils seront fiers de vous et vous pourrez honorer vos femmes dès ce soir !
Les soldats sourirent de la remarque de leur commandant.
Mycalus Angelus Virtudes continua son discours :
- Peignez l’herbe de cette vallée avec le sang de votre ennemi, enfoncez l’acier de vos glaives dans leur chair, transpercez leurs flancs jusqu’à ce que vous entendiez leurs côtes se briser ! Et vous verrez ces pictes qui auront peur à chaque fois qu’un des leurs tombera ! Il leva son javelot au dessus de sa tête et hurla :
- A la vie !
Tous les soldats reprirent en cœur :
- A la mort !
Le son d’une corne retentit dans la vallée. C’était un sonneur de corne picte qui avait donné le départ de la bataille.
Au loin, l’armée picte marchait.
- Attendez ! hurla le commandant. Les pictes approchaient de plus en plus dans un martellement sourd et de plus en plus vite.
- Attendez… !
Puis un son strident se fit entendre dans les airs. Des centaines de traits sombres s’étaient élevés dans les airs cachant presque le ciel.
- Boucliers ! hurla le Commandant Virtudes.
Tel un balai maintes et maintes fois exécuté, les soldats mirent un genou au sol et se protégèrent à l’aide de leur bouclier rond, se resserrant les uns des autres formant ainsi une carapace en forme de plateau contre la volée de flèches qui venait de partir du camp ennemi dans leur direction.
Une pluie de flèches s’abattit sur les hoplons des soldats qui encaissaient les traits tirés des arcs pictes. Certaines traversèrent les défenses aquiloniennes et certains soldats furent blessés ou tués par une des flèches. Seuls une dizaine d’aquiloniens périrent sous ce premier assaut picte.
Sous son bouclier, Mycalus souffla dans son cor à deux reprises, et, comme une mécanique bien huilé, le centus de cavaliers qu’il avait fait poster au nord entama sa charge sur la troupe d’archers ennemie. Sous l’effet de surprise, les barbares restèrent figés de peur et les cavaliers semèrent la mort dans leurs rangs. Membres et têtes tranchés, crânes fracassés, poumons et cœurs perforés et les cavaliers mirent en fuite les archers barbares en quelques instants. Voyant leurs congénères tués, les berserkers pictes se retournèrent et le commandant en profita pour donner l’ordre de se relever et de commencer à charger au pas avec son infanterie, le bouclier en avant. Mais à deux contre un, les pictes n’avaient aucune crainte et se ruèrent contre les soldats d’infanterie. Armes contondantes et tranchantes rentrèrent en contact violemment contre les hoplons aquiloniens dans un son métallique. Les soldats du commandant Virtudes reculèrent sous la force de la marée barbare.
- Tenez bon ! Restez en ligne ! Restez en ligne ! Ne reculez pas !
Les centus d’infanterie tenaient bon mais au bout d’un moment, la force venait à manquer, et les aquiloniens ne tenaient plus la charge des pictes, alors Mycalus ordonna de combattre. Il lança son javelot en direction d’un picte et le projectile lui transperça la gorge de part en part. Du sang gicla et le barbare tomba en arrière en faisant chuter un de ses congénères. Mycalus dégaina alors son glaive et commença son œuvre macabre dans les rangs pictes et repeignait, comme il l’avait dit le sol du sang de ses ennemis.
Les hommes se battaient tel des lions affamés et bon nombre de pictes tombèrent sous leur coups. Mycalus tuait sans relâche et à tour de bras et au fur et à mesure de l’avancée de la bataille, les ennemis hésitaient à l’attaquer. Il infligeait coups de glaive et de bouclier à ses ennemis mais quand il en tuait un, dix autres arrivaient. Il avançait seul dans la marée humaine mais les berserkers étaient beaucoup trop nombreux alors il ordonna la seconde phase de sa tactique. Il souffla à trois reprises dans son cor, signe de repli.
Encore une fois, les soldats obéirent à l’ordre de leur supérieur et le repli se fit toujours en formation de combat et en ligne tout en reculant au pas. Le commandant souffla une nouvelle fois dans son cor de guerre et les soldats battirent en retraite au pas de course cette fois tout en gardant leur formation, les barbares sur leurs talons. Les pictes se dispersèrent un peu et leur rangs furent affaiblis. Du fait de leur course pour rattraper l’infanterie aquilonienne, les flancs de l’ennemi n’étaient plus protégés mais désordonnés. C’est à ce moment là que les deux centus de cavaliers qui étaient postés sur les flancs fondirent sur eux. Les barbares furent tellement surpris de la manœuvre qu’ils en oublièrent l’infanterie aquilonienne qui se retourna vivement pour les affronter, l’hoplon en avant prête à les intercepter, leur commandant à leurs côtés leur hurlant les ordres :
- Aquiloniens ! Formation défensive ! Faites leur tâter de votre acier ! Avec cette formation, les hoplons des soldats chevauchaient légèrement l’homme de gauche, le protégeant, permettant ainsi de faire un mur de boucliers impénétrable mais de manière à pouvoir utiliser glaives et lances. Ils avancèrent ainsi, en ligne au pas cadencé par un tambour et les « houha » des soldats.
Surpris, affaiblis et démoralisés, les pictes durent resserrer leur rangs entre les centus de cavaliers et de soldats à pieds. Ils ne formèrent alors plus qu’un amas compact et désorganisé comprimé entre les trois formations. C’est à ce moment là que le commandant ordonna l’ordre aux catapultes de tirer sur l’armée picte. Mycalus avait fait replier son armée à portée des catapultes. Il l’avait dit à son second que les armes de siège étaient à bonne portée. Les rochers en granit tombèrent sur les barbares qui hurlèrent et bientôt des trous se formèrent dans leurs rangs. Au bout de quelques minutes, entre les projectiles des catapultes et les lances qui fendraient l’air, l’armée picte fut bientôt réduite de moitié.
Le commandant Mycalus Virtudes donna l’ordre aux catapultes de cesser le feu car cela devenait trop dangereux pour les aquiloniens qui commençaient à percer les défenses pictes. La pluie de pierre cessa et il ordonna la charge car l’ennemi n’avait plus de hargne au combat, la moitié de leur effectif et leur moral bien bas. Mycalus tranchait les têtes, les bras, les mains, fracassait les crânes à coup d’hoplon et là, une ombre surgit de nulle part. Le géant picte, celui qui semblait être leur chef se présenta face à lui. Il était imposant, de la taille d’un ours des forêts. Sa barbe noire comme l’ébène faisait ressortir sa calvitie et on pouvait voir sur son crâne des tatouages tribaux. Une cicatrice sur l’œil lui donnait un aspect terrifiant. Il leva sa hache à deux mains au dessus de lui prêt à frapper. Vif comme l’éclair, Mycalus se protégea de son bouclier rond. Mais sous la force du chef picte, Mycalus fut éjecté au sol, et le dessin du phénix de l’hoplon fut altéré. Sur le dos, il esquiva le second coup porté par le géant et le troisième qu’il para de sa protection. Il fit dévier l’arme de son adversaire grâce au bouclier, ce qui lui donna le temps de le faucher aux jambes. Le picte tomba à la renverse et Mycalus en profita pour se relever et le géant en fit de même. Malgré sa masse et sa taille, il semblait tout de même agile et rapide. Mycalus effectua plusieurs attaques rapides que le picte esquiva. Il fit balancer sa hache circulairement à plusieurs reprises mais Mycalus esquiva et para les assauts de son adversaire. Les attaques des deux hommes ne portaient pas et un combat de titans s’engagea. Autour d’eux, la bataille continuait de plus belle et de plus en plus l’armée aquilonienne prenait le dessus.
Un puissant coup de hache paré par l’hoplon envoya valser le commandant sur quelques soldats qui s’affalèrent. Le picte en profita pour se ruer sur le commandant qui roula sur lui-même pour se relever. Sous l’élan, le géant perdit l’équilibre et Mycalus en profita pour lui transpercer l’omoplate avec la pointe de son glaive, d’où du sang jaillit sur la peau de bête qui en fut imbibée. Le picte hurla et sous la colère, il cria quelque chose dans sa langue : à en croire le contexte, cela devait être une malédiction. D’un revers de main, et avec puissance, il envoya valser le chef aquilonien qui perdit son casque. Celui-ci se releva, essuya ses lèvres ensanglantées et se rua sur le géant picte. Celui-ci l’intercepta, le souleva dans les airs et l’envoya sur quelques soldats aquiloniens. Dans la chute, Mycalus perdit son hoplon et son glaive. Il se releva difficilement et esquiva les coups de hache du barbare. Le commandant ramassa une lance sur un cadavre de soldat mort et s’en servit d’arme de fortune. Malgré la blessure, le chef picte ne semblait pas affaibli, mais plutôt plus enclin à combattre. Le barbare tenta de frapper Mycalus à plusieurs reprises qui esquiva les coups. Le dernier balancement de hache sectionna la lance avec laquelle le chef aquilonien parait et il se retrouva avec un morceau dans chaque main. Le commandant Mycalus frappa à plusieurs reprises le visage de son assaillant avec le morceau de lance tenu en main gauche au visage du barbare, qui, sous le choc fut assommé, il lui balança un coup de pied dans le ventre et le géant picte tomba sur le dos. Mycalus ne lui laissa pas le temps de se relever lui planta la pointe de lance dans le cœur. Le picte fit un soubresaut et il cracha du sang.
Mycalus prit sa dague qui pendait au fourreau et lui trancha la gorge. Sans chef, l’armée picte allait se rendre rapidement.
Les aquiloniens avançaient de plus en plus dans les rangs pictes qui étaient encerclés.
Une heure plus tard, l’armée des barbares pictes démoralisée fut décimée et ce qui en restait fuyait à toute jambe poursuivie par la cavalerie. Mycalus ordonna qu’on ne poursuive pas ce qu’il restait de l’armée picte. Il préférait que les survivants racontent que les fils d’aquilonie ne se laissaient pas marcher sur les pieds.
Mycalus leva l’étendard d’Aquilonie dans les airs en signe de victoire et ses hommes l’honorèrent.
- Aquilonae ! hurla-t-il.
- Aquilonae Victude !!! reprirent tous les soldats de l’armée. C’était le cri de victoire de son armée.
Le commandant Mycalus passa brièvement dans les rangs de ses soldats qui lui sourirent. Une fois de plus, il les avait menés à la victoire. Il put lire la joie et la satisfaction de ses hommes sur leur visage.
- Belle bataille, commandant, lui dit son second.
- Merci, Rominus. Ne me remercie pas moi mais eux. Il désigna l’ensemble de ses soldats.
- Commandant, un courrier nous a remis ceci avant la bataille. J’avais pour ordre de vous le donner à l’issue de la bataille.
Il lui tendit un parchemin scellé du sceau royal. Mycalus le déroula, en lit le contenu lentement et son visage fatigué passa d’une toute autre couleur et ses yeux s’assombrirent pour devenir rouge. Pour une fois, le commandant Virtudes semblait désarmé. Il tomba à genoux les yeux tournés vers le ciel sous les yeux de ses soldats. Une larme perla sur sa joue pleine de sueur et de sang de ses ennemis. Il hurla.
A SUIVRE…
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apsy
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Mycalus Angelus Virtudes, champs de bataille et chants d'amour : "La dernière bataille"
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Répondre #1 le:
14 Septembre 2007 - 13:17:27 »
Très beau récit. Très réussi. Bravo /clap
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Mycalus
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Mycalus Angelus Virtudes, champs de bataille et chants d'amour : "La dernière bataille"
«
Répondre #2 le:
17 Octobre 2007 - 16:12:28 »
SUITE
C'est une ère que les écrits ne parlent pas,
un temps perdu dans les âges…
Bien après le cataclysme de l’Atlantide qui raya le continent de la carte du monde connu, il existe une époque que peu connaissent, une ère qui semble disparue ou que les maitres à penser ne veulent pas se souvenir. C’est l’époque des grandes barbaries, des guerres sanglantes, c’était l’époque où les dieux châtient et punissent les infidèles. Seuls quelques uns arrivent à survivre dans ce monde où règnent la décadence, les démons, et la sorcellerie noire. C’était l’époque de Conan le cimmérien, Conan le voleur, Conan le pirate, Conan le conquérant et enfin Conan le roi. Mais ces écrits ne vont pas conter l’histoire de ce héros légendaire fort connu.
Laissez-moi vous conter les jours de la grande aventure…
Deux semaines avant la bataille de Kellios…
- Gélina !
- Oui madame ?
- Prends cette lettre et porte là au fort Tuscelan à mon mari. Prends mon cheval aussi, il est rapide et endurant.
- Bien madame. Et vous madame ?
- Je pars pour Argos. Là-bas j’y ai des amis qui me cacheront moi et ma fille.
La dénommée Gélina avait la même silhouette, quasiment la même taille et la corpulence que sa maîtresse et avait revêtu la même toge blanche à capuche afin de dissimuler son visage. La servante travaillait pour la famille Virtudes depuis quelques années déjà et était dévouée corps et âme à Ludivia, c’est pour cela qu’elle accepta la mission dangereuse.
Au détour d’un couloir du palais royal, Ludivia Olivina Virtudes avait entendu Loriès, le fils du roi Numedides III, discuter avec un riche marchand, un homme de loi peu scrupuleux, ainsi qu’un homme louche. Apparemment, le prince semblait conspirer contre son père et avait en vue de le faire passer de vie à trépas d’une manière accidentelle afin d’accéder au trône d’aquilonie car celui-ci était beaucoup plus ambitieux que son père. En effet le prince rêvait d’asservir les peuples cimmériens et étendre les frontières de l’aquilonie au-delà de la Némédie, de la Corinthie et de la Brythunie. Le prince avait aussi des vues sur Ludivia, c’est pour cela qu’il avait envoyé son mari au fort Tuscelan à la frontière picte à l’ouest. Celui-ci lui avait souvent fait des avances mais elle avait toujours repoussé ses assauts.
* * *
Il faisait nuit noire dans les jardins du palais et une ombre pénétrait à l’insu de la garde. Celle-ci se faufila au nez et à la barbe des sentinelles en passant par les toits. Regardant les allées et venues des gardes de la cour, elle réussit à se faufiler jusqu’à une statue et s’y plaqua. Elle aperçut sa cible, seule et sans défense. La clarté de la lune se refléta sur la lame de la dague lorsque l’assassin la sortit de son fourreau. Il se faufila furtivement derrière sa proie afin de la surprendre. Avec la rapidité de la lumière, la lame se retrouva sous la gorge du futur défunt.
Un long silence précéda la sentence qui ne vint pas.
- Toujours à l’heure à ce que je vois, dit la victime.
- Vous auriez pu mourir, fit l’espion.
- Oui mais tu en aurais été moins riche.
- Rien ne m’empêche de prendre votre bourse sur votre cadavre.
Loriès sourit à son espion. Il avait raison : une seule erreur de sa part et il décéderait de la main de l’un de ses alliés. Il se retourna pour faire face à son agent.
L’espion reprit :
- Trèves de bavardages. Qui doit mourir ?
- L’épouse du commandant Virtudes. Elle conspire contre moi et veut me faire tomber. Loriès tendit une bourse pleine de joyaux de toutes les couleurs à son assassin.
- Je vous rapporterais sa tête dans un sac.
- Non, non...je veux que ça ait l’air d’un accident.
L’assassin sembla réfléchir. Le prince lui tendit une autre bourse de joyaux. Le tueur sourit à la vue de la récompense.
- Pour ce prix là, je peux vous l’emmener jusque dans les bras d’Akivasha.
- Ceci n’est qu’un acompte, reprit le prince.
- Heureux de faire des affaires avec vous…Un sourire narquois se dessina sur le visage de l’assassin.
* * *
La servante avait mis sa capuche afin de ne pas être reconnue. Deux soldats l’attendaient pour l’escorter. Elle monta sur la jument de sa maîtresse et sortit par l’entrée principale suivie par les deux gardes. Ils chevauchèrent ainsi quatre jours, campant par-ci par là en évitant les grandes routes et ne prenant que les sentiers. Ils avaient pris assez de vivres pour ne pas avoir à passer par les villages pour se ravitailler.
Le cinquième soir, ils campèrent près d’un fleuve. Au loin, on pouvait entendre une cascade qui se jetait bruyamment dans une rivière en contrebas. Les chevaux avaient été descellés et paissaient l’herbe près de l’eau. Les gardes avaient fait un feu et faisaient cuire des saucisses et des pommes de terre dans la braise pour le repas du soir. La nuit commençait à tomber doucement sur le campement lorsque la servante s’éloigna afin d’aller faire une toilette plus loin. Un des gardes resta pour surveiller la cuisson tandis que l’autre s’éloigna pour uriner.
Une silhouette avançait dans la nuit, passant d’arbre en arbre en évitant de laisser apparaitre son ombre à la lueur de la lune. Des nuages sombres accentuaient l’obscurité environnante favorisant la furtivité du nouveau venu.
Le garde qui se soulageait sifflotait et n’entendit pas les pas feutrés qui arrivaient derrière lui. Il n’entendit pas non plus la dague que l’on sortait de son fourreau. Il sentit seulement la main que l’on plaqua sur sa bouche pour l’empêcher de hurler ainsi que la lame que l’on enfonçait dans son cou à la hauteur de sa trachée. D’un mouvement ferme vers l’avant, celle-ci fut sectionnée. Le garde tomba à genou en se tenant la gorge, incapable de sonner l’alerte. L’ombre frappa d’un coup de pied dans le visage du garde allongé et il put entendre un craquement mortuaire. L’assassin s’avança alors vers le second garde qui était en train de retourner les pommes de terre dans la braise. Il le frappa violemment d’un coup de pied au niveau de la nuque et celui-ci s’affala dans le foyer. Il hurla car il se brula les mains sur la braise rougeoyante et sa tunique commençait à prendre feu. Il ne cria pas longtemps car la dague de l’assassin se planta entre ses omoplates avec force et vélocité. Le corps tomba sur le feu, faisant mourir celui-ci.
L’assassin essuya la lame de sa dague sur la cape du garde et la rangea dans son baudrier. Il avait repéré la femme au loin en train de se passer de l’eau claire sur le visage. Elle contemplait la cascade en contrebas et s’émerveillait de la beauté de la nature environnante. Au bas une série de rochers brisait la puissance de la chute d’eau.
Elle se retourna prestement après avoir entendu des pas derrière elle. Un homme de taille moyenne, un foulard sombre cachant le visage. Ces yeux verts resplendissaient à la lueur de la lune et elle se dit que l’homme devait être beau. Mais le fond de ses yeux reflétait quelque chose de négatif. Elle recula d’un pas, apeurée par le nouveau venu.
- Qui êtes-vous ?
- Connaitre mon nom ne vous apportera rien.
- Que voulez-vous ?
- Admirer la vue, dit-il sur un ton sardonique. Il s’avança d’un pas et la femme recula regardant derrière elle la rivière en contrebas.
- Non ! hurla-t-elle en essayant de se faufiler sur le côté pour échapper à son agresseur, qui la rattrapa par l’avant bras.
- Lâchez-moi, vous me faites mal !
- Vous n’irez guère loin madame.
Elle se débattit avec la rage d’une lionne qui défend ses petits mais l’homme était visiblement trop fort pour elle. Il lui tenait les poignets pour éviter qu’elle ne s’échappe et c’est à ce moment là que le pied de la femme roula sur une pierre. Le corps de la servante bascula en arrière et le corps tomba du haut de la falaise. La chute interminable fut stoppée par un rocher en contrebas. La couleur claire de la roche changea pour devenir rouge, un rouge sanguin.
L’assassin avait terminé son contrat. Il avait tué la femme du commandant Virtudes, ou du moins le pensait-il. Il n’avait plus qu’à rentrer à Tarantia pour réclamer son dû.
Tel un professionnel, il se débarrassa des corps des gardes, effaça toute trace du feu et claqua la croupe des chevaux pour qu’ils s’enfuient. Le bivouac était désormais clair et jamais personne ne se douterait qu’une lutte avait eu lieu ici.
* * *
Quelques jours plus tard, un pêcheur avait retrouvé le corps de la femme complètement défigurée et non reconnaissable à part grâce à ses vêtements de noble conception et les armes brodés sur sa toge. Après enquête de la garde de Tarantia mené par le commandant Pallantidès, le destrier de la femme fut retrouvé plus loin paissant dans un pré. L’officier en déduisit que la femme en question était la femme de son ami de longue date, le commandant Mycalus Angelus Virtudes. Il fit son rapport à ses supérieurs ainsi qu’au roi. Il ordonna qu’une missive soit envoyée au fort Tuscelan et remis en mains propres au commandant Virtudes afin de lui annoncer la triste nouvelle.
* * *
1 semaine après la bataille de Kellios…
Mycalus Angelus Virtudes avait chevauché jours et nuits jusqu’à la capitale Tarantia et son fidèle destrier corinthien Arius était épuisé. Le cheval avait la robe humide de sueur et ses sabots étaient usés à cause du long voyage. Mais il avait mené son maître à destination. Fatigué de la longue chevauchée, la monture tremblait de tous ses muscles et résistait à la douleur malgré la difficulté. Mycalus caressa le coup du cheval pour lui redonner du baume au cœur mais la bête renifla et posa un genou à terre, puis lentement, un second. Elle était à bout de force. Malgré cela la monture du commandant luttait pour rester en vie. Dans un dernier souffle elle s’allongea sur le flanc. Le commandant Virtudes regarda son destrier perdre la vie peu à peu. Cela ne le laissait pas indifférent car Arius l’avait maintes et maintes fois accompagné dans ses batailles et n’avait jamais montré la moindre souffrance. Dans un dernier souffle, le cheval posa sa tête sur le sol respirant peu, puis plus.
Mycalus réajusta le ceinturon qui maintenait le fourreau de son glaive et regarda son linothorax plein de sable et de sang de ses adversaires de sa dernière bataille. Il ressemblait plus à un mercenaire qu’à un officier de l’armée aquilonienne. Il passa les portes de la ville d’un pas décidé. Il ne vit même pas les soldats le saluer lorsqu’ils le croisaient. Les rues de la capitale étaient animées comme à l’accoutumé, et les gens du peuple s’affairaient à leurs occupations habituelles. C’était le jour de marché et de nombreux marchands avaient installé leurs étalages un peu partout, ne favorisant pas le passage des carrioles et des colonnes de chevaux. Sur le perron d’une grande bâtisse délabrée, des filles de joie, toutes aussi belles les unes que les autres et de différentes races, aguichaient les passants fortunés afin d’arrondir leur fin de mois. L’une d’entre elles, une belle femme à la peau tannée en tenue légère avec un bisou fichée dans le nombril, s’approcha de Mycalus.
- Beau soldat, si tu as un moment et que tu es las des batailles, je peux te faire oublier tes tracas si tu le désires, dit-elle sur un ton langoureux avec un accent oriental en délassant le morceau de tissu qui cachait si peu ses seins.
Le commandant rétorqua du tac au tac :
- Hors de ma vue, catin. Et vas mettre quelque chose de plus convenable. Tu fais pitié à te trémousser de la sorte.
Après cette scène d’érotisme et de provocation, il arriva devant le palais. Deux statues de lions en pierre rose de quelques mètres de haut soutenaient l’arche qui donnait sur l’entrée. Ils semblaient être les gardiens du palais. Il grimpa quatre à quatre les marches en marbre brun de la demeure de la famille royale. Les deux gardes qui en gardaient l’entrée se placèrent entre lui et la porte, la lance croisée afin de l’empêcher de pénétrer. Il regarda les deux soldats avec désinvolture.
- Commandant, fit l’un d’eux. Vous n’êtes pas autorisé à pénétrer dans le palais.
- Et sur ordre de qui, soldat ? revendiqua-t-il sur un ton agacé.
- Sur ordre du roi, mon seigneur.
- Laissez-moi passer, je suis Mycalus Angelus Virtudes, Commandant des armées de l’ouest, commandant en chef du fort Tuscelan. Et je demande à parler au roi en personne.
- Je sais commandant, j’ai combattu à vos côtés à Ostié. Désolé, mon seigneur, les ordres sont les…
- Laissez-le passer ! fit une voix forte et sûre.
Les deux soldats obéirent à l’ordre qui venait d’être donné par le commandant Pallantidès, qui était en poste à la garde de la famille royale. Il était majestueux. Il était harnaché de l’armure des dragons noirs, au plastron gravé d’un aigle déployant ses ailes, et de sa cape rouge qui balayait le sol. Il portait son casque orné d’une tête de cheval sous son bras.
D’un pas assuré, Mycalus pénétra dans l’enceinte suivi par Pallantidès sur ses talons.
- Mycalus…commença le capitaine de la garde.
- Pallantidès, mon vieil ami, continua Mycalus en insistant bien sur le « vieil ami » et en se retournant. Depuis quand fricottes-tu avec l’ennemi ?
- Je suis au service du roi, pas de son rejeton. Je sais aussi bien que toi qu’il est perfide et qu’il a la langue fourchue.
- Il ne peut régner. Il n’a aucune morale, aucun sens de la justice, il ne connait pas le royaume, et veut annexer des contrées pacifiques.
- Je le sais tout aussi bien que toi, Mycalus, mais c’est le prince, et lorsque le moment viendra, il montera sur le trône d’aquilonie et nous ne pourrons rien y faire.
- Il faut faire quelque chose. S’il vient à régner, le peuple en souffrira : il abolira leurs libertés et augmentera les impôts, les petites gens mourront de faim et l’aquilonie sera en guerre sur tous les fronts pour sa seule ambition. Nous ne pourrons mener des guerres au quatre coins du continent. Ce sera la perte du pays. Et ça tu le sais !
- Je sais…
Mycalus Angelus Virtudes tourna à nouveau les talons.
- Pour Ludivia…amorça Pallantidès. Le commandant Virtudes s’arrêta à nouveau et se retourna. Quand j’ai appris la nouvelle…continua Pallantidès.
- Ne dis rien, mon ami, dit Mycalus en lui mettant une main sur l’épaule.
- J’ai pleuré sa perte. Je l’appréciais grandement. Je t’ai fait envoyer une missive. C’était un accident de cheval et elle est tombée du haut d’une chute d’eau. Je suis désolé.
- Balivernes !
- C’est pourtant la vérité. J’ai moi-même effectué l’enquête sur le lieu. C’est un accident.
- Ou quelqu’un a voulu le faire croire…
- Qui donc, d’après toi ?
- Quelqu’un de perfide à la langue fourchue, comme tu disais.
- Elle a chue !
- Ou on l’y a aidé…C’est lui qui a commandité cela. J’en suis certain et il va le payer.
- Tu n’as aucune preuve.
- Je n’en ai besoin d’aucune. Je le sais, c’est tout. Il pointa son index sur le torse de son ami, geste intimant à son ami de cesser de l’importuner.
Mycalus fit demi-tour rapidement en faisant tournoyer sa cape.
- Ne fais pas cela Mycalus, les conséquences seraient fatales!
Etait-ce une menace ou un conseil, mais Mycalus ne le sut pas.
Le commandant Virtudes ne répondit même pas et continua sa route en direction des couloirs intérieurs du palais.
Des statues en schiste des anciens rois d’aquilonie longeaient le couloir en marbre qui menait à la salle du conseil de Tarantia. Mycalus savait qu’il trouverait une piste là-bas.
- Mycalus ! s’exclama Pallantidès.
Le commandant Angelus Virtudes se retourna vers son ami, attendant d’entendre ce qu’il avait à clamer.
- Le courage pour l’honneur, fit le commandant de la garde de Tarantia à son ami en claquant du poing sur le torse, en signe de salut. Il savait qu’il ne pourrait plus l’arrêter à présent.
- Le courage pour l’honneur répondit Mycalus en saluant. Il remarqua quelque chose dans les yeux de Pallantidès en disait long, un mélange d’intégrité, d’honnêteté et de fidélité.
Mycalus Angelus Virtudes reprit son chemin en direction de la salle du conseil.
Il ouvrit les deux énormes portes à double battant sculptées à la volée à la fois impatient et à la fois sous la colère. La salle dont le plafond était soutenu par des colonnes de pierre était large et circulaire. Elle était éclairée par des torches et au centre s’imposait une table octogonale, lieu de réunion des grands conseillers de Tarantia, composés d’érudits, d’homme de combat, de marchands, de religieux et d’hommes de lois. Des tentures à l’effigie de la cité recouvraient les murs. Le plafond semi-sphérique était peint d’une fresque représentant une cité engloutie par les océans. Mycalus contemplait cette scène à chaque fois qu’il entrait dans la salle du conseil, il s’émerveillait de tant de beauté et d’esthétisme.
- J’ai pleuré pour votre épouse, commandant. Dans mes bras, mon frère.
La voix venait de derrière et il se retourna vivement. A l’entrée il put voir le prince Loriès, dans une tenue colorée. Ses cheveux clairs et bouclés lui donnaient plus l’air d’un jeune sot que du prince d’aquilonie qu’il était. Mycalus vit son excellence qui lui offrit ses bras afin de l’embrasser. Ils étaient seuls. Il était rare que le prince le soit. Soit il manigançait quelque chose, soit il avait perdu la raison. Ou peut-être les deux. Il resta d’un calme olympien.
- En tout cas vous n’en portez pas le deuil.
- Que dites-vous ?
- Vous n’avez pas l’air de quelqu’un qui est perturbé par la perte d’une proche.
- Comment osez-vous ? fit-il sur un ton hautain.
Mycalus ne resta pas stoïque longtemps et son sang ne fit qu’un tour. Il dégaina son glaive avec vélocité et pointa la lame sur le cou du jeune prince ambitieux qui recula d’un pas.
- Vous, comment osez-vous ?
- Mais quelle est cette folie ?
- Folie ? Vous m’envoyez loin de ma famille, vous conspirez contre votre père, vous faites assassiner des gens, vous faites travailler des esclaves pour votre petite personne et vous passez des pactes avec les démons et c’est moi le fou ? Il continua d’un ton plus dédaigneux. Vous n’êtes qu’un être ingrat, un être amoral, un être dénué de toute justice et d’équité. Jamais je ne vous laisserais accéder au trône. Jamais je ne vous servirais. Dites-moi, Mon Prince, dites-moi ce que vous avez lu dans les yeux de ma femme lorsque vous l’avez poussée du haut de cette falaise ?
- Je ne l’ai pas tué, je vous le jure commandant. Le prince changea de ton : mon frère, comment aurais-je pu faire une telle chose ? Comment ferais-je du mal à une femme telle que la tienne ?
Mycalus se fit plus menaçant, ne croyant aucunement les propos du prince. La pointe de son arme piqua légèrement le cou ce qui laissa une légère plaie qui se mit à saigner légèrement.
Loriès recula d’un pas lorsqu’il sentit le glaive l’entailler. Voyant que la situation était à son désavantage, il proposa bien plus au commandant qu’il ne pourrait l’imaginer.
- Mycalus, rejoins-moi, à nous deux, mon frère, nous pouvons aller très loin : grâce à mon ambition et à la dévotion de tes soldats, nous pourrions conquérir la Brythunie, la Némédie ainsi que la Cimmérie et pourquoi pas pousser nos frontières au-delà de la mer Vilayet ? Tu obtiendrais alors fortune et gloire, je te nommerais général de mes armées, tu en aurais le contrôle total et pourrais en disposer comme bon te semble. Je te ferais construire un fort avec ta garde personnelle et rien que la vue de tes étendards, reflétera la crainte et le respect dans tout le monde d’Hyborie.
- Vous êtes pathétique. Il abaissa son arme. Pourquoi voulez-vous faire cela ?
- Parce que mon père en est incapable ! Moi j’ai l’ambition et les moyens de le faire. Lui se contente du peu qu’il a. L’aquilonie se doit d’être plus grande qu’elle ne l’est déjà. Elle n’est pas assez forte à mon goût et elle pourrait régner sur le continent entier.
- Vous avez perdu la raison, fit Mycalus en rangeant son arme dans son fourreau. Je vais en informer sur le champ à votre père, le vrai roi d’aquilonie. Il vous jugera lui-même. Je lui dirais que vous conspirez contre lui et que vous avez fait assassiner ma femme. Il resta bizarrement calme. Il se détourna du prince pour repartir dans le couloir.
Il entendit une lame sortir de son étui. Trop tard, la lame arriva sur lui au niveau de son épaule. Il se retourna rapidement et esquiva la lame qui allait le transpercer. Il saisit le poignet du prince à la volée et lui fit subir une pression pour que Loriès lâche l’arme. Une lutte opposa les deux hommes mais vraisemblablement, Mycalus était beaucoup plus fort. En effet, les longues années d’entrainement à l’académie des dragons noirs avait fait de lui un lutteur exceptionnel. Les deux adversaires luttaient à coté de la table du conseil. Mycalus infligea un coup de poing dans l’estomac au prince puis au visage. Celui-ci s’affala sur la table. Mycalus se jeta sur Loriès pour le désarmer et lui faire passer sa folie et sa mégalomanie. Toujours la dague en main, le prince posa ses mains sur le coup de Mycalus. Les veines du commandant ressortaient tellement qu’on aurait cru qu’elles pouvaient éclater. Le commandant Virtudes saisit les deux poignets de son adversaire visiblement plus faible que lui et les délogea de son cou. Tout d’un coup le prince ne rivalisait plus. Son étreinte s’était éteinte. Mycalus se releva, mais pas le prince. Du sang coulait sur la tunique de Loriès. Le commandant Virtudes regarda ses mains ensanglantées ainsi que la dague enfoncée dans le flanc du prince. Ses mains tremblaient. Mais qu’avait-il fait ? Il allait devenir un assassin, un tueur sans cœur. Et l’aquilonie n’aurait pas de successeur légitime. Qu’allait devenir ce pays qu’il servait depuis si longtemps. Tant de questions qui lui trottaient dans la tête et qui restaient sans réponse.
Des pas se firent entendre derrière lui. Il se retourna. Pallantidès et le roi étaient sur le pas de la porte accompagnés d’une escouade de lanciers.
Pallantidès regardait la scène ainsi que son ami. Mais que lui était-il passé par la tête. Il avait assassiné le prince poussé par on ne sait quelle folie. Pallantidès s’approcha du corps et l’ausculta. Un râle sortit de la bouche du blessé.
- Il respire. Il s’en sortira. Gardes ! Faites mander sa guérisseuse !
Le roi accourut aux côtés de son fils étendu et serra le corps contre lui. Il tourna la tête vers Mycalus :
- Mais qu’avez-vous fait ? Vous avez tenté de tuer mon fils. La chair de ma chair, le sang de mon sang !
- C’est un accident monseigneur, il…
Pallantidès lui fit un signe de la tête sommant de ne rien dire.
- Gardes ! hurla le roi en sanglotant, emmenez cet assassin hors de ma vue et enfermez le dans les cachots avant de l’emmener à la roue du désespoir.
La roue du désespoir était un cercle en pierre qui tournait autour d’un axe grâce à un système hydraulique situé non loin des montagnes rabiriennes. On y attachait certains voleurs afin de les faire réfléchir à leurs méfaits avant qu’ils ne soient dévorés lentement pas les rapaces environnant. En général, ils devenaient fous à force de tourner comme ceci avant de mourir grignotés par les vautours.
- La roue du désespoir ? Mais, monseigneur, reprit Pallantidès, ne devriez vous pas le juger et l’écouter avant de lui donner sa sentence ?
Le roi se releva et son ton devint beaucoup plus ferme :
- Tenter de tuer mon fils ne relève d’aucune loi d’aquilonie, commandant Pallantidès ! La sentence je la donne moi-même. Parfois je donne, parfois je prends, à moi de décider à qui et quand !
- A vos ordres, monseigneur. Il inclina la tête en signe de soumission. Pallantidès rêvait du jour où un roi plus juste et moins spartiate règnerait sur l’aquilonie.
Les regards des deux soldats se croisèrent et Pallantidès baissa les yeux. Il savait que Mycalus n’aurait pas fait cela et il savait aussi que le prince aurait pu se jeter sur lui comme cela. Mais c’était le vœu du roi et rien ne va au dessus du roi. Il savait aussi qu’il ne servait à rien d’essayer de le convaincre.
Pallantidès désarma lui-même son ami. Leurs regards se croisèrent. Il lui donna une accolade amicale et lui chuchota à l’oreille : « Lorsque la lune sera pleine, tu verras tes fidèles se montrer ». Qu’est ce que cela voulait dire ? La lune était quasiment pleine cette nuit et elle ne le sera que dans trois jours. Et de quels fidèles pouvait-il bien parler ? A l’heure qu’il est, il devait en avoir peu.
Mycalus lut dans les yeux du capitaine de la garde un sentiment de loyauté, ce qui lui rendit l’espoir.
Les gardes emmenèrent le commandant Virtudes dans les sous-sols du palais où les gémissements des prisonniers et les hurlements des torturés ne se faisait pas entendre dans les autres parties de la demeure royale…
A SUIVRE…
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